Mais il n’est pas inutile d’en parler et d’y réfléchir. Le sujet n’est pas clos.
Cependant il est bon, de temps en temps de changer de sujet et de parler d’autres choses sinon ça devient lassant.
Il se trouve que certains semblent trouver que j’ai des manies dans la vie quotidienne alors que pour moi il ne s’agit que d’une propension au rangement afin de mieux retrouver les choses. En fait, le rangement que je pratique n’est pas du tout fait avec l’attribution de casiers, d’étiquettes ou autres tiroirs pour chaque chose. D’ailleurs j’ai un adage « ranger c’est paumer » et le principe que j’applique est de simplement remettre les objets à l’endroit où on les a pris.
La place des objets c’est là où ils sont. Et ne pas remettre un objet, outil, livre, lampe de poche à la place où il était c’est être sûr d’avoir le plus grand mal à le retrouver. C’est du temps perdu à chercher au lieu d’être tranquillement au coin du feu.
Dès leur arrivée les objets ont une place, même s’il faut quelques jours pour trouver la bonne.
Beaucoup de gens ont tendance à laisser les objets là où ils s’en sont servi. Ça parait logique mais ça ne l’est pas du tout car les lieux d’utilisation sont nombreux et non pas uniques. Il faut alors essayer de se souvenir du dernier endroit où l’on a utilisé la grosse pince multiple avant de pouvoir mettre la main dessus. Dans mon cas la grosse pince multiple est dans le coffre de la Kangoo. C’est là que je la prends et là que je la remets. J’ai d’ailleurs une grande panoplie d’outils dans la Kangoo ce qui permet de se rapprocher facilement du point d’utilisation qui dans l’agricole peut être éloigné de la maison. L’unicité de l’emplacement aide grandement à savoir où ils sont.
De même mon Opinel est toujours dans la poche avant droite de mon short, ce qui oblige Edith à renforcer toutes les poches droites de mes shorts et pantalons. Et pourtant malgré ce renfort il m’arrive de perdre mon couteau. Et je ne le retrouve pas toujours. Une fois en Aveyron sur le causse noir je donnais du foin dans la bergerie à un troupeau de 700 Ravas et j’ai perdu mon Laguiole. Alors j’ai fait sortir les brebis et je me suis mis à le chercher dans cette litière. Il faut croire que j’y voyais bien parce que au bout de trois heures je l’ai retrouvé. Depuis je n’ai plus de Laguiole, ça perce trop les poches. D’ailleurs les Laguiole sont souvent vendus avec un étui à passer à la ceinture, ce qui n’est pas du tout pratique mais prouve bien qu’il perce les poches. L’Opinel c’est mieux mais, bien sûr, j’en perd quand même.
Du temps où j’allais souvent à Paris en avion, je n’emmenai pas mon Opinel, mais un jour je me suis retrouvé à Blagnac avec le couteau dans la poche. En sortant du bus qui me ramenait du P5 où je m’étais garé je vois un parking pour motos qui avait des piliers assez bas. J’ai coincé assez discrètement mon Opinel sur un poteau et je l’ai repris le lendemain.
Dans le même esprit quand nous allons à Copenhague ou Vienne voir notre dernière fille, il y a un Opinel qui m’attends dans le tiroir de la cuisine. Cependant j’ai constaté que très peu de gens avaient un couteau de poche. Ce n’est pas vraiment une arme mais quand même on te le prend quand tu vas au tribunal et on te le rend sans problème. Mais il est aussi possible de ruser. Lors d’une audience à la Cour d’Appel il y avait un vigile qui nous passait son détecteur sur tout le corps dans le couloir de l’entrée. J’ai tenté le coup. J’ai pris mon Opinel serré dans la main droite, j’ai levé les bras à sa demande et il m’a passé son détecteur devant et derrière et sur les jambes sans rien trouver. En plus je me suis rendu compte que si l’on sortait puis que l’on rentrait à nouveau. Il vous faisait signe de passer sans contrôle !
Par contre, un jour nous sommes allés voir un ballet à Moscou et il y avait un portique à l’entrée où l’on déposait sur une table ce qui aurait sonné. Moi j’ai évidemment déposé mon Opinel mais à ma grande surprise la table était pleine de révolvers, des pistolets et de crans d’arrêts. Bon le spectacle, magique au demeurant, s’est bien passé et j’ai vu ceux qui récupéraient leurs armes pour les mettre tout simplement dans leur poche. Moi j’ai récupéré mon Opinel et on ne m’a rien demandé.
Juste pour mémoire, il me faut dire aussi que j’en ai usé quelques-uns qui se sont retrouvé à avoir l’allure d’un tournevis plus que d’un couteau. Ils sont dans un tiroir avec le fameux Laguiole.
En fait de couteaux………
Michel Costadau
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