Je ne dis pas qu’il faut r systématiquement parler de ses sentiments ou de ses problèmes, mais seulement admettre que ce que l’on ressent ou vit peut résonner pour d’autres personnes, au moins dans les domaines professionnels, politiques ou sociétaux.
Cependant il ne suffit pas de dire pour que ça serve, encore faut-il être entendu et surtout compris. Ce qui n’est pas du tout évident. D’ailleurs plein de gens sont déçus des efforts qu’ils font devant le vide que leurs propos rencontrent.
En fait les citoyens ne s’intéressent pas aux autres et à leurs problèmes, mais seulement aux aspects intimes, scabreux ou douloureux de leurs semblables. C’est pour cela que la presse reste dans le fait divers. Il a coupé la tête de son chien, là tout le monde regarde, même si ça se passe en Corée. Alors que : il explique pourquoi il ne fait pas confiance à l‘armée ne trouve pratiquement aucun lecteurs.
Bon, on est un peu dans France Dimanche alors on va essayer de remonter, parce que quand je dis que je partage avec certains un sentiment de mal être du au monde actuel, beaucoup d’autres au contraire s’y sentent parfaitement à l’aise.
Er ce n’est pas très marrant, parce que cette adéquation n’est pas du tout l’apanage des milliardaires, elle est aussi celle de beaucoup de gens qui croient en ce monde.
Même si ce sont des banalités je suis, par exemple, extrêmement surpris par l’usage important que beaucoup de personnes font de l’IA. Pour eux c’est une aide, une amélioration, en d’autres termes un progrès. Ce qui pour moi est un gâchis énergétique et destructeur d’emplois, est vécu par d’autres comme une facilité dont il ne faut pas se priver et pour laquelle il faut remercier le système.
L’engrenage de la facilité est à nouveau à l’œuvre.
Autre banalité, la place qu’occupe l’argent dans les échanges et les propos. Et ce ne sont pas ceux qui en manquent qui en parlent le plus, mais plutôt ceux qui en ont. D’abord pour déplorer que tout est cher, hors de prix, à des niveaux indus alors que ce sont les rémunérations qu’ils perçoivent qui sont indues, parce que bien trop élevées pour les services qu’ils rendent. Ceux là tiennent des propos indécents dont ils ne se rendent pas compte, encouragés qu’ils sont par l’ambiance « money » dans laquelle nous baignons.
Du coup je suis bien obligé d’admettre que le club de ceux qui pensent un peu comme moi est assez limité et rejoint le petit cercle des résistants qui n’ont ni la télé ni les plateformes.
Mais comment est ce que quelqu’un entre en résistance ou pas ?
En fait ce qui détermine le plus ce que sont les gens c’est leur référentiel, c’est-à-dire l’état d’esprit qui a entouré le début de leur existence et pour la plus part dans lequel ils vivent encore.
Pour vous donner un exemple, mai 68 n’a pas été important à cause de la réforme des universités, de l’augmentation des salaires ou des barricades mais parce que cela a été un changement de référentiel pour toute une génération. Ecroulement des valeurs traditionnelles religion, famille, patrie, travail. Pour religion sans remplacement, pour patrie par une conscience mondialisée et pour famille et travail par choix de vie et activités collectives. Mais ce choc, qui couvait depuis longtemps, a été sans lendemain. La société ne s’en est jamais remis et d’autres valeurs se sont développées, l’argent, le mépris des autres et les choix individuels. Cependant, aujourd’hui, je ne crois qu’il y ait grand monde qui soit pressé d’aller faire la guerre, quelque soit la raison et quel que soit le pays. Disons qu’il y a des militaires pour ça qui, en plus, n’ont pas droit à une grande considération.
Et donc ceux qui sont baignés dans ce nouveau référentiel ont naturellement tendance à le reproduire.
Il y a bien sûr plusieurs référentiels au sein d’une société. Cela s’apparente à la notion de milieu. En général les gens restent dans le même milieu mais il est possible d’en changer. Cela a été le cas pour nous qui issus d’un référentiel provincial, religieux, conformiste et sans avenir, avons crée des communautés, faits des petits boulots et coupés les ponts avec les religions.
Alors contrairement à ce que tout le monde dit ou écrit, Trump ne s’est pas fourvoyé en Iran et n’est pas du tout coincé par les effets de la guerre qu’il a déclaré. Trump a été baigné comme des milliers d’américains dans le nouveau référentiel argent et égoïsme, et le plus difficile pour lui c’est de faire des priorités dans ses envies.
Il a eu envie de faire la guerre à l’Iran, alors il l’a faite. Certes il a été poussé voire manipulé par Israel dont on ne méfiera jamais assez, mais quand même c’était une de ses envies. Et dans son référentiel on ne risque rien parce qu’il est le plus fort, le plus riche, tous les autres sont des fourmis. De l’Iran il s’en sortira très bien, jusqu’à ce qu’il ait une autre envie pressante. Genre Cuba ou le Canada. Dans son référentiel tous les problèmes se règlent avec de l’argent, il n’y a que le montant qui change. Trump a la main et fait ce qu’il veut sans ……
Michel Costadau
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