Est ce que l’on peut imaginer des poulaillers collectifs en ville, aux pieds des immeubles ou au contraire sur les toits terrasses. Evidemment cela risque de susciter une levée de bouclier pour les odeurs, les poussières, le bruit. La gestion aussi peut s’avérer difficile, qui s’occupe d’alimenter, de ramasser les œufs, d’enlever la gallinace. Voire aussi qui paye quoi.
Et puis il ne faudrait pas que ça devienne une obligation de manger des œufs, ce qui serait un peu abusif.
Une solution pourrait être de créer un emploi pour ça, peut être même partagé avec d’autres immeubles ou au contraire avec plusieurs postes si l’immeuble est grand.
A vrai dire cela pourrait surtout concerner les nouvelles constructions avec introduction du poulailler dans le cahier des charges des architectes, parce que dans les bâtiments existants rien n’est prévu pour cela.
De même le problème des grippes aviaires devrait être traité. Il y a peut-être la solution de la vaccination, mais il semble quand même que la propagation de ce genre d’épidémie soit beaucoup liée à l’industrialisation et au transport de certains professionnels. Ce qui ne serait pas le cas pour les poulaillers d’immeubles, au moins au début.
Ceci dit encore faut il que les gens mangent des œufs de poules. Je ne connais pas de régime alimentaire qui exclut les œufs mais ça existe peut-être.
L’élevage de poules date probablement de l’arrivée de l’agriculture dans notre histoire puisqu’il faut du grain toute l’année pour les nourrir.
Avant les œufs étaient surement consommés mais provenait de la visite des nids de volatiles sauvages. Et avant, avant, avant eh bien nos prédécesseurs mangeaient un peu de tout mais cru et froid.
Contrairement à ce que j’ai envisagé dans le billet précédent « Un poulailler », la connaissance des champignons vénéneux pourrait d’ailleurs dater de l’époque préhistorique et non des famines historiques. Néanmoins, l’alimentation est un sujet fertile et général.
J’aime beaucoup ce dicton turc qui dit « On creuse sa tombe avec ses dents ». On peut l’interpréter de plusieurs manières. Et officiellement cela veut dire qu’une mauvaise alimentation conduit à des ennuis de santé. Bof. Mais, comme les carences alimentaires conduisent à des ennuis de santé, cette interprétation ne veut pas dire grand-chose.
Moi je le comprends comme : manger nous maintien en vie et nous donne donc la possibilité de vieillir et donc de mourir. Ou si vous préférez il y a un paradoxe parce que manger conduit quand même à la mort. Et ça devient même philosophique, dans le sens ou vivre c’est apprendre à mourir, car il n’y a aucune échappatoire.
La subtilité du dicton tient aussi dans creuser avec les dents. C’est synonyme de lenteur, ce qui est compatible avec la longueur de la vie.
Dans le film Les trois enterrements de Melquiades Estrada, Mike creuse la tombe avec ses mains et c‘est long et pénible. Alors imaginez avec les dents, c’est quasiment impossible ou en tous cas ça évoque vraiment un temps infini. Bien sûr la vie n’est justement pas infinie mais c’est long quand même. Et au bout il y a la tombe. Même si ce n’est pas d’un très haut niveau cela évoque aussi le Ti bouffe ti bouffe pas ti crève quand même. Et symboliquement la grève de la faim est un acte fort de lutte, parce qu’il raccourcit la durée de la vie.
Vous allez me dire que je fais une fixation sur la tombe et la mort. Ce n’est pas ça mais quand même cette semaine j’ai été enterré un copain de quelques années de moins que moi, mais qui a réussi un départ exemplaire. Il allait bien et puis un jour une de ses amies a trouvé qu’il n’avait pas l’esprit très clair. Le lendemain ça allait très bien, il a été chez une de ses sœurs et le soir elle n’a pas voulu qu’il reparte en voiture et elle lui a demandé d’aller voit in médecin. Le surlendemain il a dit qu’il y allait mais il est revenu sans y avoir été et le soir il est décédé.
On ne peu pas faire mieux. Parce que trainer un handicap pendant des années soutenu par une médecine commerciale, beaucoup de personnes voudraient éviter cela. Et donc une fin rapide est le top de la fin de vie. En plus ce copain avait réussi une vie tranquille.
Dans une fratrie de 7 il s’est, je pense, laisse porter par le groupe, protégé par ses frères et sœurs plus âgés. Puis il a été dans d’autres groupes, toujours très fort en amitié, mais aussi avec une certaine insouciance. Evidemment adepte de l’herbe et de la fumette, régulière, sans excès mais sans interruptions. Un métier dans la menuiserie, des relations féminines, un enfant, beaucoup de copains, toujours le sourire aux lèvres. A ma connaissance pas d’histoires compliquée ou de boulets que l’on traine toute sa vie. Mais je me méfie parce que les gens sont quand même secrets, peut-être Denis moins que les autres, mais rien n’est sûr. Et donc un départ réussi après une vie réussie elle aussi.
Ce que je partageais avec lui, c’était la conviction que le monde ne fonctionnait pas du tout comme il fallait. L’humanité ne tourne pas rond et pourtant nous n’y pouvons pas grand-chose. C’est l’état d’esprit de ………
Michel Costadau
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