J’ai surement la naïveté d’un premier communiant, mais je n’arrive pas à avoir peur de l’IA. Certes je vois que ça fleurit un peu partout, qu’il y a beaucoup d’utilisateurs et chaque fois que j’ouvre un fichier il y a un encart qui demande « besoin d’aide ? ». Non merci A+
Pourtant il y en a qui se posent de sérieuses questions, comme ces analystes de la météo avec leurs modèles hyper sophistiqués qui utilisent la puissance d’Eviden et qui avouent que l’IA fait d’aussi bonnes prévisions qu’eux. Et pourtant les outils IA n’ont pas que je sache des capteurs un peu partout. Et c’est même pas sûr qu’ils sachent la différence entre un cumulus et un stratus.
J’imagine que les développeurs IA ont rentrés toutes les données anémométriques, pluviométriques et autres de toutes les villes du monde depuis 100 ans avec le temps –weather- qu’il faisait. Puis ils ont fait des corrélations entre ces données à la fois dans le temps –time- et dans l’espace. Peut-être ont-ils lancé un mécanisme d’apprentissage en partant des données d‘une semaine pour trouver le jour suivant, puis fait glisser la semaine jusqu’à aujourd’hui. Et ils proposent une prévision la plus proche statistiquement de ce qui s’est déjà passé.
J’imagine mais en fait je n’en sais rien. Alors, que ceux qui pourraient m’éclairer la dessus, sans se moquer, n’hésitent pas à le faire. Merci d’avance.
Mais je ne vois pas dans tout ça ce qui pourrait m’inquiéter. Je note même que, si mon hypothèse est correcte, l’IA ne peut faire des prévisions que parce qu’il y a tous les relevés météos qui ont été soigneusement collectionnés pendant des années. Et qui sont disponibles. Toutes ces données permettent aussi, je le suppose, de faire des prévisions à plus long terme, ce qui peut paraitre impressionnant, mais n’est qu’une extrapolation de relevés.
Bien entendu les consommations des centres de données en électricité, métaux rares, main d’œuvre exploitée et pillage d’informations sont révoltants et dangereux mais c’est la même histoire qui se répète. Chaque fois qu’il y a un nouveau concept en mesure d’entrainer une croissance de la consommation, les pouvoirs publics ferment au maximum les yeux jusqu’a ce qui ce soit suffisamment développé pour ne plus pouvoir revenir en arrière. Automobile, télévision, téléphone, réseaux, trottinettes, IA, voitures et taxis sans chauffeurs et bientôt taxis volants tout a été fait pour que cela puisse se développer malgré les morts, la pollution, l’endoctrinement, les vrais mensonges et la facilité. !!! -Allo ! oui deux pizza et des sushis ! -dans un quart d’heure ! -c’est très bien ! -voila ma carte, c’est au deuxième ! -au revoir !!!.
Pour moi l’IA n’est pas big brother, pour la simple raison que big brother existe déjà. Eh oui il est aujourd’hui impossible d’échapper au logiciel du capitalisme qui est la consommation. Vous pouvez couper les pubs, ne pas avoir la télé, ni de réseaux sociaux, ni écouter les informations, le logiciel est quand même à l’œuvre pour détruire la planète et fabriquer des produits de plus en plus inutiles….que vous finissez par acheter. Et si vous me dites que vous arrivez à avoir une carte de crédit qui ne laisse aucune trace, à éviter les spam et autres requêtes insidieuses, eh bien je ne vous crois pas. En plus il n’y a pas d’ailleurs, car les milliardaires ont déjà acheté toutes les iles désertes, alors il vous reste la plage d’Argeles ou le lac de Bethmale.
Clairement, il me semble qu’un des principaux débouchés de l’IA c’est l’aide au choix, l’aide à tout en fait, le parfait outil du petit feignant. Ca va devenir de l’hyper consommation éclairée nuit et jour par nos chères centrales nucléaires. Il ne faut peut être pas le dire comme ça mais l’atome me fait plus peur que l’IA.
Il est clair que l’ensemble du savoir de l’humanité représente une richesse, un patrimoine collectif inestimable. Alors que l’IA se jette dedans comme un cochon dans une remorque de pastèques pour tout manger, piétiner, piller, pirater et gâcher à tel point qu’on ne reconnaisse plus le vrai du faux, c’est, certes, une honte mais seulement une honte de plus.
Bien sûr ils utilisent le mécanisme de personnalisation qui fait que vous avez l’impression que c’est une personne qui vous répond. C’est assez classique mais pas trop dangereux. C’est comme pour le GPS, où une charmante voix vous indique -première sortie et ensuite votre destination se trouve sur la droite- vous amenant à dire quand vous vous trompez qu’elle va vous rétablir, alors que vous devriez dire il car ce n’est pas une femme qui vous parle mais un logiciel.
Alors est ce qu’avec l’IA nous sommes seulement dans le domaine de la tromperie. Non, pour moi, l’IA est d’abord un outil de consommation, consommation des centres de données pour les construire et les utiliser et consommation des acheteurs, c’est à dire nous. C’est aussi un outil d’augmentation de la productivité c’est-à-dire de robotisation avec son cortège de pertes d’emplois et d’augmentation des profits encore et toujours.
Il y a quand même deux trucs qui me font sourire d’avance. D’abord la bataille des IA. Portés par leurs sponsors, les logiciels vont se battre entre eux pour rester en tête avec peut-être la génération d’auto-pub comme au temps de Palmolive. Ensuite la propagation de l’erreur. Ces logiciels ayant une frontière floue entre le vrai et le presque vrai, la contamination de leurs propres données deviendra difficile à repérer et encore plus difficile pour essayer de s’en débarrasser.
Alors l’argent toujours l’argent on en sort pas. Fini le temps où les entreprises se contentaient d’un résultat de 7% du chiffre d’affaire. SpaceX fait un bénéfice égal à la moitié de son chiffre d’affaire. C’est ce que cherche l’IA. Avec ça on peut aller faire son marché sans soucis.
Bonne courses.
Michel Costadau
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