Mois : avril 2017

  • Deuil

    Deuil

    Cette semaine je ne devrais pas publier de billet car nous sommes en deuil de la démocratie. Les riches ont réussi à imposer leur candidat à la présidentielle. Alors nous pleurons, c’est tout ce que nous pouvons faire. Et d’autres rêvent.

    Mais avant de rêver, atterrissons. Retrouvons la bonne vieille réalité. Eh oui à ma grande honte, je dois constater qu’il y a beaucoup de gens qui sont pour la domination de la finance. Des moins jeunes et des jeunes, veste et col de chemise ouvert, chaussure à bout pointu, pantalon serré du haut en bas, un peu moins en haut pour les moins jeunes, pas rasés de la semaine, modernes, téléphone à la main, accros aux réseaux sociaux. Je les voyais, je les côtoyais, mais en fait je pensais que leur plaisir c’était d’échanger des photos, de se retrouver sur les plages et de faire le sacro-saint bbq au bord de la piscine. Mais voilà-t-il pas qu’ils se sont réveillés comme s’ils avaient des idées et qu’ils se sont reconnus ou retrouvés dans le chantre de la technocratie. Mauvais rêve !

    Bien sûr j’avais été alerté. Vous vous souvenez de cette fameuse manif pour Charlie hebdo. Seulement à ce moment-là ils étaient partagés et mélangés, ils ne se connaissaient pas. Mélangés avec la droite classique, xénophobe et bien pensante, mélangés aussi avec les militants progressistes. Mais maintenant le tri est fait. La droite s’est reconnue dans Fillon, la gauche dans Mélenchon et les chaussures pointues dans Macron. Ca ressemble à une mode, vous savez, en ce moment c’est la mode élites éclairées. Combien de temps dure une mode. Ben, jamais très longtemps.

    Certes cette analyse est un peu rapide car, même à la campagne, il s’est voté pour le candidat des médias, mais le fait est là et, à vrai dire, les souliers pointus ne sont qu’une partie des votants de la finance car il y a eu du mélange partout dans cette élection. Bien sûr Mélenchon a récupéré le PS et  Macron a récupéré la droite sans pourtant faire un gros score. Mais à force de mélanger religions, économie et chômage, personne n’y comprend plus rien et c’est du siphonnage à tuyau bouché ou troué. En tous cas ça ne fait pas une belle musique.

    Réalité aussi la confirmation que PS et LR sont bien un seul et même parti et la même classe politique. Ils ont effectivement le même candidat, le même Front républicain dont on ne sait plus s’il est contre Le Pen ou pour les riches et, bien sûr, le même programme.

    Réalité encore le déchainement médiatique contre Mélenchon. A mon humble avis sa position est extrêmement claire et je ne vois pas pourquoi on l’accuse d’imprécision. Bien évidemment il ne veut pas de la finance et ça fait longtemps qu’il ne veut pas de Le Pen. Alors c’est vote blanc ou abstention pour les courageux, le tout sans ambiguïté. Mais les médias n’aiment pas ceux qui sont courageux et disent les choses.

    Dure réalité aussi pour nos clowns habituels Bové, Ruffin, Bendit ou notre ringard PC : eh oui ça sent l’écurie, tous pour la finance et Dieu reconnaitra les siens.

    Mais en attendant on pleure.

    Michel Costadau

  • Qual/Quant

    Qual/Quant

    Toujours agile, je rebondis sur l’annonce de Lagardère de prendre les  rênes d’Europe1. C’est à dire de s’en occuper en direct, personnellement et avec vigueur. C’est, en général, une attitude à la mode de la part de ceux qui ont la faveur des médias. Quand quelque chose ne va pas, nos divers dirigeants entonnent le refrain : attention je vais m’en occuper directement et on va voir ce que l’on va voir. Cette posture de matamore est symptomatique des gens dont les médias disent qu’ils ont du pouvoir et dont les exhortations, déclarations et autres sautes d’humeur font la une de ces mêmes médias.

    On vient de le voir récemment avec Trump, dont le programme tient en quatre mots : je vais m’en occuper personnellement. On ne sait absolument pas pour faire quoi, ni dans quel sens, ni avec qui, ni contre qui. L’important c’est que ce soit lui qui s’en occupe. C’est exactement le schéma de la relation amoureuse qui est splendidement aveugle. « Nobody’s perfect » répondait Joe Brown au fait que son béguin n’était pas une femme mais un homme.

    Et hélas, notre pauvre élection présidentielle n’échappe pas à ce délire. Ce n’est pas le programme qui compte c’est celui que l’on aime. On aime, on défend, on se bat pour LE candidat. Avec un tel mode de fonctionnement, pas étonnant que personne ne soit content du résultat et que les programmes soient n’importe quoi.

    En fait, c’est la classique dialectique qualitatif/quantitatif. Le qualitatif c’est « like » et du coup le quantitatif n’a plus aucune importance. Les candidats peuvent dire ce qu’ils veulent, ce qui compte c’est que ce soit eux qui l’aient dit et du coup les gens deviennent pour ce qu’il a dit, sans réfléchir que, dans la bouche d’un autre, ils seraient contre.

    C’est pour ça que les programmes comportent si peu de chiffres, de vrais chiffres je veux dire, de choses concrètes, qui nous seraient utiles, ou au moins à un grand nombre. Non tout est en pointillés, en esquisse, en possible, en devenir, mais sans aucune certitude que ça voit le jour.

    On pourrait appeler ça de l’hypnose collective, en tous cas moi je l’appelle comme ça.

    Bon dimanche.

     

     Michel Costadau

  • Salada mista

    Salada mista

    C’est vrai que j’ai peu suivi cette campagne, ni écouté le moindre candidat, mais quand même une chose que j’ai retenue c’est qu’il était question de revenu universel. En plus, depuis qu’on en parle, j’ai le sentiment que ce revenu de base a quelque chose à voir avec le plein emploi. En effet certains considèrent que la fin du chômage est devenue une galéjade et qu’il faut donc passer à un modèle non plus basé sur le travail mais sur le chômage. D’où l’idée du revenu de base. Mais ça me laisse franchement perplexe.

    Le premier problème c’est que du plein emploi, i.e. des taux de chômage de moins de 5 % on en trouve et même dans des pays qui comptent un peu, à savoir par exemple les US et l’Allemagne. Bien sût il faut discuter de comment ces taux sont obtenus. En Allemagne il semble que ce soit au prix d’une augmentation de la précarité et aux US par une augmentation des personnes qui ne cherchent plus de travail. Quoi qu’il en soit, il semble que chez nous plus personne ne croit que le chômage puisse descendre en dessous de 5 %, même avec des méthodes statistiques élaborées. Il faudrait donc savoir clairement si les politiques à venir visent le plein emploi ou le revenu de base. Et de ce côté-là il me semble que c’est le grand flou.

    Le second problème c’est de savoir ce que va remplacer le revenu universel. Ce revenu qui devrait être théoriquement une allocation unique à vie d’un montant forfaitaire égal pour tous les individus, va-t-il s’ajouter à ce que certains perçoivent déjà, ou au contraire supprimer tout ou partie des  allocations existantes. Par exemple, allocations familiales, RSA, APA, APL, handicap, retraites, allocation chômage, PAC, bourses, congés maternités, cures thermales et tant d’autres. Sans être devin je parierais bien volontiers que le revenu universel, s’il voit le jour, va être à la française i.e. s’ajouter aux aides existantes mais sous condition et avec un montant variable, c’est-à-dire le contraire du revenu universel. Mais on n’en est pas encore là. 

    Le troisième problème c’est de voir quels seraient les effets secondaires d’une telle mesure. Celui qui vient à l’esprit en premier c’est le développement du travail au noir. En effet, cumuler a toujours été la pratique favorite des Français. La sécu d’un coté et le coup de main rémunéré en liquide de l’autre. Un autre aspect évident c’est l’exclusion des étrangers qui n’y auront pas droit mais c’est vrai qu’eux ils travaillent. Enfin un retour de la femme au foyer se dessine derrière ce projet pour les ramener à élever les enfants et se voir entre copines. Le pied quoi, enfin ça se discute. Il me semble donc que cette idée est bien symbolique de toute la campagne électorale, c’est-à-dire des propos en l’air tenu par des gens qui n’ont aucun moyen de les appliquer. Du vent quoi.

     

    Cependant, comme il s’agit du dernier billet avant le premier tour, je dois aussi essayer de faire des pronostics. Aïe ! Mon souhait évidemment c’est que l’abstention gagne. Le non-vote au sens large, c’est-à-dire bien sûr non-vote, blanc et nul mais aussi toutes les voix des petits candidats, car clairement celui qui vote pour un candidat qui n’a aucune chance et qui le sait, fait un superbe non-vote. En gros j’appelle petits candidats ceux qui n’ont strictement aucune chance d’être au second tour. Si tout ce petit monde pouvait faire la moitié des électeurs ce serait formidable et porteur d’avenir. Sinon on fera avec.

    Maintenant, moment délicat, je dois faire une prévision. Alors avec beaucoup de précautions je dirai que je verrais bien un second tour Le Pen Fillon, mais on peut se tromper. Bonne semaine.

     

    Michel Costadau

  • SFM

    SFM

    C’est un billet important mais difficile à écrire. J’essaie de comprendre le rôle du Système Financier Mondial.

    1- C’est quoi le SFM.

    Oui je sais, j’invente un truc dont personne ne sait si ça existe vraiment mais dont tout le monde parle. C’est sûr que l’on a beaucoup mal à le décrire, mais il faut bien donner un nom aux choses. Pour voir ce que ça peut être il faut commencer par les fonds de placement ou d’investissement. Ils sont connus pour n’avoir qu’une seule stratégie, celle de la maximisation du profit et de l’argent qu’ils ont ou qu’on leur confie. Mais attention, ces placements représentent beaucoup plus que les budgets des Etats. Ce sont eux, les fonds, qui font la loi dans un grand nombre d’entreprise assurant ainsi la mainmise de la finance partout dans le monde. Le fait qu’ils soient nombreux ne veut pas dire qu’ils agissent tous de manière différente. Non, bien au contraire, ils agissent tous de la même manière. C’est pour ça qu’on peut parler de système. Cependant il n’y a personne qui dirige ce mouvement, c’est seulement un mode de fonctionnement. Et qui se développe encore. Il y a maintenant plusieurs millions de millionnaires en Chine. Et les millionnaires du monde entier agissent exactement de la même façon. A savoir que, quand on a de l’argent, on cherche à faire de l’argent avec l’argent. Quand on n’en a pas, eh bien on est obligé de travailler c’est simple.

    Donc ils agissent tous de la même façon, à tel point que les entreprises qui veulent s’en protéger n’ont qu’une solution c’est de ne pas être cotées en bourse afin d’avoir un actionnariat sous leur seul contrôle, ce qui peut hélas conduire à une grande opacité comme Lactalis ou Auchan. D’autres, comme Dell, sont amenés à racheter toutes leurs actions pour se soustraire aux fonds. De même vous avez bien suivi que l’un de ces fonds, actionnaire de Safran, était contre le rachat de Zodiac et s’employait à faire capoter cette décision. Ajoutons que certains fonds gèrent, à eux seuls, presque 10 fois le budget de la France. Ca commence à prendre tournure

    On peut parler aussi des membres des conseils d’administration des 40 entreprises du CAC. Si l’on compte en moyenne 10 administrateurs par conseil ils devraient être 400. En fait ils sont une grosse centaine car chacun siège dans 3 ou 4 conseils. Globalement, cette imbrication assure le contrôle de la finance sur le business et cela va bien au-delà du CAC40.

    Il convient aussi d’évoquer la porosité des frontières entre public et privé via les écoles et les administrations. Cette porosité est illustrée par l’entrée dans une banque d’affaires de l’ancien président de la Commission européenne ou par le pdg de BPCE ancien directeur de cabinet de Sarkozy. Cette porosité confirme s’il en était besoin le pouvoir de la finance dans notre pays.

    2- Le SFM a largement conquis la gouvernance mondiale et contrôle assez correctement le fonctionnement des pays dits démocratiques.

    Il est clair que le SFM fait à peu près ce qu’il veut sur notre planète, exploitation du sol et du sous-sol, productions délocalisées, argent stocké dans les paradis fiscaux, évitement des taxes et des impôts. Prenons quelques conséquences chez nous : le contournement des 35 heures qui n’ont, en fait, créé aucun emploi, les pressions sur les pouvoirs publics pour ne pas changer la réglementation des produits phytos, le détournement du CICE qui a surtout servi à augmenter le profit des entreprises au lieu de développer la recherche, le sabordage de l’Education Nationale au profit du confessionnel.

    On constate même maintenant une communication directe des entreprises à leurs salariés, par exemple Labo Fabre ou Paprec, pour donner des consignes de vote. Le fait que ça ne vous choque plus indique bien que le SFM est en terrain conquis.

    Bien, même s’il est certain qu’il faudrait développer plus encore cet état des lieux, et nous pouvons le faire quand vous voulez,  il faut bien voir que ce ne sont pas les instances démocratiques que nous élisons qui contrôlent le SFM mais bien le contraire. Dans ces conditions, tous les gouvernements démocratiques sont au mieux les gestionnaires, plus ou moins bons, du développement du SFM comme en Europe et Amérique du Nord, ou au pire sous le contrôle direct des financiers et des banques comme en Afrique ou en Amérique centrale. Paradoxalement, les gouvernements non démocratiques ou les dictatures sont moins vulnérables au SFM puisqu’ils ne peuvent acheter que le clan au pouvoir et non pas corrompre l’intégralité de la classe politique qui en général n’existe pas.

    3-Moyens d’actions du SFM.

    Le SFM a conquis un pouvoir presque sans partage et il le garde, mais comment ça se passe ? Là nous sommes sur des aspects mieux connus. D’abord, bien sûr, les lobbies, les puissants lobbies. Ces groupes de pression, légaux en démocratie, permettent à la finance de contrôler et d’anticiper toutes les législations qu’elle jugerait  défavorables. Les lobbies arrivent presque toujours à orienter les textes pour qu’ils aillent dans le sens qu’ils ont défini.

    Ensuite le fonctionnement même des institutions nationales ou internationales de nos démocraties. Les institutions françaises, européennes, américaines ou même mondiales ont toutes un double mode de fonctionnement. D’une part une façade avec des élus et d’autre part des services, des commissions ou des administrations non élues qui proposent, définissent et portent les dossiers. Contrairement à ce que vous pourriez croire, ces services ne sont pas sous le contrôle de la façade élue mais bien au contraire livrés aux pressions de la finance, ce qui est le but. L’exemple européen est le plus symptomatique. La Commission européenne, organe strictement non élu « fait » la politique européenne : travailleurs détachés, PAC, règles de concurrence, privatisation des services publics et d’une manière générale libéralisation.

    Les avancées du SFM peuvent aussi être appréhendées par quelques votes démocratiques récents. Par exemple le brexit. Ce vote permet au SFM de renégocier toutes les réglementations supranationales et il va réussir à sortir plus fort de cet épisode. Tout autant l’élection de Trump est porteuse de dérèglementation, en particulier dans le pillage de la planète. Le SFM espère de Trump une nouvelle libéralisation économique même au prix de la guerre et on en prend le chemin. Hélas dans ce domaine l’impuissance de l’ONU n’échappe à personne, on ne va pas y revenir.

    Il y a bien sur aussi, l’argent lui-même. L’argent est un argument que comprend presque tout le monde et qui permet d’influer sur toutes les situations y compris sur la justice, le droit, les libertés. Or qui a l’argent, eh oui c’est, la finance, c’est le SFM. Par exemple l’argent permet de posséder les médias qui vont « former » l’opinion et par exemple parler de « enjeux » de la présidentielle. L’argent permet d’acheter l’avis des scientifiques. L’argent permet d’obtenir les autorisations souhaitées. L’argent permet de faire des procès ou des guerres aux résistants. Ce n’est pas nouveau mais ça marche. Et ça a pris des proportions….mondiales.

    Cette situation dépasse complètement l’ancien clivage français gauche-droit de l’homme et droite -droit des entreprises. Il est remplacé par un positionnement par rapport au SFM : pour, avec ou contre.

    4-Positionnement de nos candidats par rapport au SFM

    Concrètement il y a ceux qui disent vouloir affronter le SFM, en général la gauche et dans notre cas Mélenchon, Hamon.

    Ceux-là ne sont pas très honnêtes car ils font croire qu’on peut, aujourd’hui, lutter contre le SFM. Mais hélas ils n’en ont pas les moyens et même loin de là, en tous cas pas seuls. Il y en a, parmi eux, qui disent encore qu’il n’y a qu’à supprimer les patrons, alors que ça fait longtemps que les patrons ne possèdent plus leurs entreprises ni leurs salariés. Il n’y a que des actionnaires et des fonds de placements. En plus, c’est grave d’essayer de tromper les gens avec des promesses complètement illusoires du genre : nous pouvons stopper le pouvoir de la finance, nous allons réduire le chômage, nous allons restaurer les services publics. Je ne pense pas que beaucoup de gens y croient vraiment mais il vaudrait mieux être plus réaliste si on veut arriver à quelque chose.

    Puis il y a ceux qui veulent pactiser avec le SFM, en général la droite et dans notre cas  Fillon. Ceux-là sont un peu plus honnêtes, en reconnaissant que le SFM a le pouvoir, mais du coup ne peuvent convaincre que les riches et les possédants. Cependant, ils cultivent l’ambiguïté en essayant de faire croire que même les petites gens en étant obéissants et respectueux  peuvent profiter du SFM. C’est-à-dire avoir de l’argent un jour. Ils ont aussi une approche dichotomique de l’ordre, à savoir : les contrôles de police en bas et la bienveillance des autorités en haut. Bien sûr il est grave de pactiser avec le SFM car c’est jouer avec le feu.

    Puis il y a ceux qui sont directement les instruments du SFM, en général les ni-ni et dans notre cas Macron. Là ça devient catastrophique car c’est mettre la finance au pouvoir. Il est encore temps de s’apercevoir qu’un pays ne se dirige pas comme une entreprise, que le gouvernement n’est pas un conseil d’administration et que le parlement n’est pas l’assemblée générale des petits actionnaires dont on arrive toujours à faire ce que l’on veut. Une fois pour toutes une entreprise, même si on y discute beaucoup, n’est pas un modèle démocratique. Ceux-là sont clairement les fossoyeurs de toutes nos envies de développement d’une société apaisée et essayant de vivre ensemble. Il est d’ailleurs facile de constater qu’ils donnent l’impression d’avoir tous les médias pour eux. C’est simplement qu’ils sont exactement dans la même démarche que les médias qui, comme on l’a dit, appartiennent à la finance

    Bien sûr il y a aussi des candidats qui ne veulent pas se positionner par rapport au SFM, en général les nationalistes, souverainistes et dans notre cas Le Pen. C’est intéressant et ça a l’avantage de ne pas être sur le même terrain que les autres, mais il faudra bien qu’ils s’y confrontent quand même.

    5-Conclusion.

    Que conclure de tout cela ? De toute façon ce n’est pas folichon.  On l’a dit, tous nos gouvernements actuels comme ceux à venir ne représentent pas le pouvoir du peuple, mais sont ou seront de simples gestionnaires du SFM. L’avènement d’une nouvelle classe politique dans de nouvelles institutions avec un régime parlementaire, paraissent un point de passage obligé.

    Cependant, comme je l’ai indiqué plus haut, aucun des prétendants actuels n’est en mesure de le faire et il semble que comme réaction à tous ces mensonges les électeurs se préparent à une cohabitation compliquée. Ce qui ne fera que retarder le retour à un régime parlementaire. Oui le SFM a de beaux jours devant lui. Cela n’encourage pas à voter et je crois que c’est la seule attitude raisonnable.

    Michel Costadau

  • Robots

    Robots

    Il est vraiment beaucoup question de robots en ce moment.

    Les robots suppriment des emplois.

    Les robots peuvent soulager des personnes.

    Les robots coûtent moins cher que la main-d’œuvre.

    Avec en corollaire : les robots vont devenir plus intelligents que nous, ouille !

    et dommage que nous laissions les Allemands et les Japonais fabriquer tous les robots, aïe !

    Et là-dessus arrive la taxe sur les robots. Plaf, en plein dans le mille.

    Dans le mille de ce qu’il ne faut pas faire. Il n’y a pas d’idée plus bête que la taxe. C’est le réflexe des ignorants et des incompétents. Créer une taxe c’est comme jeter l’ancre pour faire avancer le navire. Il est facile de comprendre que l’idée même de la taxe est basée sur l’existant c’est-à-dire sur le passé. On ne peut donc pas créer de taxe sur quelque chose à venir, puisque par principe ça n’existe pas encore. Bien au contraire, quand il y a de nouveaux domaines à industrialiser, les pouvoirs publics ont tendance à ouvrir toutes les autorisations et à fermer l’œil sur les nuisances potentielles, le temps que le système puisse installer ses actionnaires et engranger ses premiers profits. Y a qu’à regarder l’installation des bornes de rechargement pour les voitures électriques que l’Etat installe partout à ses frais. Ensuite seulement vient le temps de la taxe éventuelle, sachant qu’au bout du compte c’est toujours nous qui payons.

    A propos des taxes sur les robots pour créer des emplois, il faut savoir que dans l’établissement du budget national il est interdit de dire à quoi on veut consacrer telle ou telle recette, de même qu’il est interdit de dire d’où vient l’argent pour financer telle ou telle dépense. Seules les sommes globales sont considérées avec l’affichage du fameux déficit. C’est comme ça qu’est née LA taxe. La taxe ne sert à financer rien du tout, elle ne sert qu’à faire rentrer de l’argent. C’est bête.

    Maintenant, soyons clairs : les robots n’existent pas, non, il n’existe que des machines. Et des machines ça fait longtemps qu’on en utilise, ça fait même partie intégrante de l’humanité depuis l’arc jusqu’aux centrales nucléaires.

    Alors pourquoi faire une fixation sur les robots ? Bien sûr qu’il n’y aura jamais de taxes sur les robots, la question n’est pas là. D’ailleurs je vois déjà les gros titres : taxe sur les robots ménagers, les aspirateurs, les machines à laver, taxes sur les programmes informatiques et les chaînes de production. Eh oui toute ces machines suppriment énormément d’emplois. Qui n’a pas connu les salles de dessin d’Airbus, où toutes les pièces étaient conçues en trois vues sur la planche à dessin avec encre et lame de rasoir à la main, ne peut pas imaginer le nombre de postes de travail qui ont été supprimées par la CAO et autres programmes.

    Et pourtant les discours sur les robots sont à la mode. Clairement ceux qui en parlent le plus sont les chantres du productivisme, de l’industrialisation des usines ou du service. Eh oui, il faut habituer les populations à la disparition continue des emplois, il faut leur dire que c’est inéluctable. Mais en même temps il ne faut pas susciter de réactions d’opposition. Et pout ça rien de tel que de lancer l’opinion sur de fausses pistes : l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle, la domotique, le cœur artificiel…et les robots.

    Et pour les énarques, une taxe sur les robots pour créer des emplois. Bingo. Ceux-là ajoutent d’ailleurs une dose d’incohérence à leurs propos en prônant en même temps le revenu universel. En effet, le concept de revenu universel n’est que la forme politique du chômage généralisé, c’est-à-dire du travailleur jetable. D’un côté on institutionnalise le chômage avec le revenu universel, et de l’autre on veut une taxe pour soi-disant créer des emplois. Cric

    Heureusement que les robots ne votent pas.

     

    Michel Costadau