Mois : avril 2016

  • Lesbos

    Lesbos

    Ca ne va pas être un super billet, mais je m’amuse en l’écrivant et c’est déjà pas mal. Oui on va parler du pape. Je sais ce n’est pas intéressant mais le pape, il se trouve qu’il a été en Grèce, enfin plus exactement à Lesbos. Lesbos c’est l’île des homosexuels et des lesbiennes, comme son nom l’indique. Et la Grèce antique, c’est le pays de la pédophilie qui était alors socialement admise. Alors, voir qu’un célibataire, dont l’organisation est en proie à des attaques sur la pédophilie, aille à Lesbos moi franchement ça me fait marrer. S’il avait voulu donner l’image que son organisation est basée sur la pédophilie, il n’aurait pas pu trouver mieux. Il y a plein d’îles en Grèce qui sont tout près de la Turquie, comme Samos ou Chios ou Rhodes par exemple, alors je ne comprends pas bien ce choix. En plus, il ramène dans ses bagages des réfugiés syriens pour les installer chez lui dans ses Etats personnels. Deuxième image dont le sens m’échappe encore plus. Soit il veut donner un exemple de charité, ce truc dont les cathos sont fanas après les massacres, mais alors c’est assez mal venu puisque on suppose que ce n’est pas lui perso qui va s’occuper des pauvres immigrés ; il va plutôt les confier au service ad hoc de son organisation et donc c’est plutôt raté. Soit il veut montrer l’exemple, ça aussi les cathos ils adorent et demander à chaque Européen de ramener des Syriens chez eux. Mais dans le genre c’est craignos, parce que les immigrés musulmans justement les Européens sont pas très chaud. Disons quelques uns pour faire la main d’œuvre à bon marché et augmenter la natalité, c’est ok, mais douze par famille catho il me semble que ça fait trop. Comme message c’est vrai que ça devient confus et je ne trouve aucune explication à ce déplacement.

    Alors, est-ce que ce ne serait pas une simple opération de communication, ce qui serait tout à fait logique, puisque c’est exactement ce qu’attendent les médias en ce moment. Les migrants sont à la une : photos, images et sons, et c’est le moment de faire son petit numéro sur le sujet, comme l’ont fait tous les politiques. Là où ça continue à m’échapper un peu c’est que c’est une affaire interne à l’Europe cette question de Syriens, mais, comme chacun sait, le public du Vatican n’est plus en Europe mais dans les autres continents surtout Afrique et Amérique. Disons en tout cas que les Européens sont un tout petit peu éduqués sur le sujet et donc arrivent à se dépêtrer des messages du Vatican. Ce qui me fait penser que ça doit être un coup de com c’est que Mélenchon a bondi sur l’occasion pour féliciter le pape. On voit bien là que tous ces has been du paysage politique se raccrochent à toutes les branches qui passent, et les médias leur filent un coup de main bien sûr.

    Quant à ceux qui auraient l’idée que le Vatican veut aider à ramener la paix en Syrie, disons que même en rêve ça ne tient pas la route. Quand depuis des siècles on trouve son business dans la misère et l’ignorance, la moindre des choses c’est d’être dubitatif. Quand on encourage voire soutient clairement toutes les tendances fascistes des sociétés : mariage, avortement, répression, morale, esclavage, colonisation, exploitation, conversion, on a du mal à croire qu’il y aurait du changement. Si le pape voulait rompre avec ses traditions ultraconservatrices il pourrait ne serait-ce que se mettre en civil, ça coûte pas cher, où alors plus sérieusement mener un combat pour le logement, par exemple ou purger ses écoles des jésuites, ou laisser tomber ses diplomates et ses banquiers. Les idées ne manquent pas certes, mais c’est nous qui les avons, ce n’est pas lui.

    Alors je retiens l’idée que c’est purement de la com. La com ça sert à ça : faire croire que ça change tout en ne changeant rien, c’est comme ça qu’on écrit l’histoire.

    Michel Costadau

  • Distorsion de concurrence

    Distorsion de concurrence

    Je cite directement la Rédaction Pleinchamp : Les arboriculteurs sont inquiets et il y a de quoi ! Ces derniers voient dangereusement approcher la période de traitement des cerisiers au diméthoate, insecticide utilisé pour lutter contre la mouche Drosophila Suzukii. Mais cette année ils ne pourront pas lutter contre ce ravageur particulièrement virulent, car ce produit, a été retiré du marché français par l’Anses, en raison des risques pour la santé des consommateurs et des agriculteurs. 

    Le problème : cet insecticide a été interdit en France mais pas en Europe… Les arboriculteurs français qui vont voir leur coût de production grimper en flèche, ont manifesté vendredi dernier à Avignon, pour dénoncer une « distorsion de concurrence. » Stéphane Le Foll est bien conscient du problème. Il a demandé à la Commission européenne d’activer les mesures d’urgence pour, d’une part, interdire immédiatement le diméthoate dans toute l’Europe, d’autre part, bloquer la mise sur le marché de cerises provenant de pays où l’insecticide est autorisé. Maintenant, la Commission doit se prononcer dans un délai de 7 jours, faute de quoi, la France « déclenchera une clause de sauvegarde nationale. » 

    Voilà donc encore une belle illustration des dangers que nous font courir nos politiques. Décomposons les choses.

    • L’Anses interdit un produit dangereux : rien à dire c’est la moindre des choses. D’autres pays ne le font pas : ça c’est pas clean mais ça veut dire que les lobbies y sont encore puissants. Néanmoins ces pays ont le droit de le faire.
    • Les arboriculteurs français vont voir leur coûts de production grimper en flèche: ça c’est de l’intox parce que, soit il existe d’autres traitements et même s’ils sont plus chers ça n’est pas le double, soit la quantité récoltée va diminuer en échange d’une augmentation de la qualité, ce qui est plutôt une diminution du chiffre d’affaires et des frais de production, donc le contraire d’une augmentation des frais de production. En plus, l’augmentation de la qualité peut se répercuter sur le prix. Le cas où le verger est en situation de ne rien récolter se couvre avec les assurances prévues par la PAC à cet effet. Donc, pas de croissance en flèche des prix de production ou alors il faudrait réclamer aux arboriculteurs le sur-bénéfice qu’ils ont fait dans la période où le produit était reconnu toxique mais pas encore interdit. Qui plus est, si le produit est autorisé dans certains pays, ou même s’il est interdit en Europe, beaucoup se contenteront d’aller l’acheter ailleurs et de le passer discrètement sans rien dire. Il faut rappeler, par exemple, que la Suisse n’est pas dans l’Europe.
    • Les arboriculteurs dénoncent une « distorsion de concurrence» : c’est là que ça devient honteux et malsain. Ca revient à dire que ceux qui empoisonnent la planète ont un avantage par rapport aux autres, c’est donc la porte ouverte aux produits toxiques. Pour bien comprendre l’hypocrisie qu’il y a là-dessous, imaginez que les Français parlent de distorsion de concurrence parce que le smig est deux fois moins élevé en Espagne ou en Grèce. Pourquoi ne pas imaginer alors un élève qui dirait à son prof qu’il y a distorsion de concurrence parce que certains élèves de sa classe ont de meilleurs résultats que lui. Clairement, dans le cas des cerisiers, il y a un appel implicite à polluer pour être compétitif. Qui va porter plainte contre ce gouvernement pour appel à polluer. Qui ?
    • Enfin arrive la menace de déclenchement d’une clause de sauvegarde nationale, qui est tout simplement la mise en place d’une barrière douanière, mais sans remettre en cause la pollution bien sûr. Mais vous savez tout se négocie dans le business, alors la vente d’armes contre l’importation de cerises ça pourrait arriver. Beurk. Mais qui empêchera ces gens-là de nuire ? Qui ? Et pendant ce temps là Hollande est en Egypte.

    Bonne nuit

    Michel Costadau

  • Pourquoi les sondages d’opinion ne veulent rien dire

    Pourquoi les sondages d’opinion ne veulent rien dire

    Ah ! que des sondages on en a, des sondages d’opinion je veux dire. Et vraiment les sujets ne manquent pas. 67 % contre le projet xxx, 54 % pour l’installation yyy, 62 % contre le renvoi zzz. La question que je me pose c’est : mais est-ce que ces sondages reflètent l’opinion de la population ou pas. Parce que s’ils reflètent l’avis des gens, c’est une certaine forme de démocratie directe. Mais s’ils ne reflètent pas les convictions des sondés, alors c’est de la manipulation pure et dure.

    La réponse est simple : les sondages ne reflètent pas du tout l’opinion de la population et ça se démontre.

    Pour commencer, on va se poser une question : mais qui décide de demander un sondage. Bonne question, mais ce n’est pas la plus pertinente. En effet l’important est qui va publier les résultats, sur papier, à la radio ou à la télé. En gros, qui va faire état de et/ou utiliser ce sondage.

    Peut être une jonction se fait-elle alors dans votre esprit entre –il y en a qui demandent des sondages, –il y en a qui font des sondages et –il y en a qui publient des sondages. Evidemment, toute la partie organisation du sondage est assez discrète, puisqu’il s’agit seulement d’élaborer un questionnaire, de trouver des sondés, de les interroger, puis de mettre en forme les résultats. La partie visible n’arrive qu’après, par la publication du résultat. A vrai dire, ce n’est pas le mot publication qui convient, c’est plutôt médiatisation. En clair, faire un sondage ne sert à rien si l’on ne dispose pas du vecteur de la diffusion des résultats. Or il n’échappe à personne que l’ensemble des médias, télé, journaux, radios, internet appartiennent tous à la caste politique/finance. Il n’y a en France aucun média de masse ou régional qui soit indépendant de la politique/finance. Cette mainmise a pour but de donner une information sélectionnée, manipulée, orientée, soit  exactement le contraire d’une information objective. Et donc, ce que les Français ont dans l’esprit c’est l’information pipée que leur déversent les médias. Alors, quand on leur demande  leur avis, les sondés répondent par rapport au contenu partial qui leur a été assené à longueur de JT, de discours politiques, d’éditoriaux et autres petites phrases. Et donc, en répondant aux questions, ils ne donnent en aucun cas leur avis ou leur opinion, mais seulement la restitution de ce qui leur a été déversé par les médias. On peut même dire que les sondages servent surtout aux politiques à vérifier que leur message est bien passé.

    Et voilà. Donc les sondages ne veulent strictement rien dire, ce sont de simples outils de communication des politiques. Je ne peux pas me priver du plaisir d’illustrer mon propos par la dernière « info » : création par Macron d’un parti ou un truc comme ça. S’il n’y avait pas les médias dites-moi qui serait au courant : eh bien cinq personnes, comme vous quand, avec quelques copains, vous  créez une association. En plus, le prochain sondage sur le pour ou contre ce parti de Macron ne va pas tarder.

    Alors bien sûr il y a des médias soi-disant indépendants genre Médiapart ou rue89, mais hélas ils ne servent que d’alibi car ils sont classés « opposition systématique », voire même « mauvais esprit ». De même que les petits candidats à la présidentielle servent, honteusement, d’alibi aux politiques.

    Pour terminer sur l’ampleur des dégâts, une autre illustration. Prenez tout le battage sur les paradis fiscaux. L’information objective serait que tous les riches sont des faussaires et des voleurs, car il n’est pas possible de devenir riche en respectant les lois et une fois qu’on est riche on cherche à le rester. Mais, bien au contraire, les médias nous montrent du doigt quelques brebis galeuses, ce qui est une excellent manière de dédouaner les autres c’est-à-dire 99,99 % des possédants et autres organisations internationales.

    Michel Costadau

  • Machine

    Machine

    Il paraît que la machine a triomphé de l’homme parce qu’elle a gagné une partie de go. C’est vrai qu’on entend des monuments de bêtises en ce moment, mais là c’est de l’intox pure et dure. Restons calmes parce que la seule chose qu’on peut dire, c’est que quelques personnes ont mis au point un programme qui a gagné la partie contre un autre individu, un champion certes. Le vainqueur n’est donc pas une machine mais ceux qui ont écrit les algorithmes sur lesquels est basé ce jeu. Y a pas de quoi fouetter un chat, parce que des programmes qui font des choses plus vite et mieux que les hommes, ça fait un sacré moment que ça existe. Et même c’est la base de la productivité. Essayez donc de faire décoller et atterrir des avions avec seulement les yeux et les oreilles de l’aiguilleur du ciel, ou de faire faire par des individus, même assez doués, le travail des robots de construction d’automobiles et vous verrez le désastre. Bon alors on se calme. Pour illustrer cela, il y a en ce moment une bagarre pour déverrouiller des codes de Smartphone, et je n’entends pas qu’il soit question que la machine se débrouille toute seule là-dedans, mais seulement de propriétaires de logiciels et de hackers. Ce qui est sûr c’est que les logiciels ont envahi notre vie depuis la machine à laver jusqu’aux ordinateurs, en passant par les effets spéciaux et les pannes de réseaux.

    Pour remettre les choses dans une saine perspective, les programmes et les logiciels sont, tout simplement, la suite de ce qu’hier on appelait l’artisanat. Parce que pour faire marcher une horloge, un sextant ou une machine à coudre, il faut un sacré paquet de technicité. Les développeurs de logiciels d’aujourd’hui  sont donc les successeurs des artisans d’hier. C’est vrai que parmi les informaticiens, il y en a qui sont franchement plus doués que les autres, qui trouvent des solutions là où ça parait impossible, mais c’est exactement ce que faisaient les artisans d’hier en mélangeant toutes les astuces possibles de manière à faire que ça marche.

    Le seul point qui m’inquiète un peu avec les logiciels, c’est qu’il y a en tellement partout, que je ne suis pas sûr qu’il y ait encore des gens qui sachent comment ça marche, ce qui oblige à en faire de nouveaux à chaque fois ; mais je pense qu’il y a en a qui tournent encore et dont plus personne ne sait ce qu’ils font.

    Alors, alors, il reste la question : mais pourquoi toute ce battage autour de cette partie de go. Pourquoi les médias enfourchent-ils, une fois de plus, le cheval du dépassement de l’homme par les machines. Et le refrain de l’intelligence artificielle, paradis de l’humanité. Et les machines qui apprennent toutes seules et vont vous pondre 10 Picassos par jour, plus vrais que les vrais.

    La raison on la connaît c’est le business, c’est la finance. Et cette raison se décline en plusieurs étapes. Première étape, le monde actuel est caractérisé par une fuite en avant dans laquelle les problèmes sont censés avoir leur solution demain, toujours demain. Mais pour faire croire qu’il peut y avoir des solutions, rien de tel que de vanter la puissance des machines que l’on qualifie allègrement de beaucoup plus fortes que les hommes. Deuxième étape, dans le monde actuel il n’est pas bon qu’un ou plusieurs individus n’aient pas confiance dans le système. A ceux-là il faut taper sur la tête, au propre et au figuré, et rien de tel que l’image d’un expert se faisant ratatiner par un logiciel. Troisième étape, pour le business, chaque individu n’est qu’un consommateur et ne doit surtout pas se mettre à penser ou réfléchir. Et les médias sont là pour lui rappeler qu’il doit avoir seulement confiance dans les machines et seulement dans la puissance des dominants. Il n’y a pas que la politique qui est triste, le business aussi.

    Michel Costadau